Modèles et théories

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La thérapie interpersonnelle se réfère à plusieurs modèles et théories.

On citera, principalement:

  1. la théorie de l’attachement de Bowlby et Ainsworth (cf chapitre dédié III/)
  2. les travaux de Sullivan  sur l’influence des liens interpersonnels sur les émotions
  3. les travaux de Meyer sur la relation entre les patients et leurs environnements
  4. le modèle bio-psycho-social
  5. les théories de la communication (Kiesler et Watkins)
  6. les modèles cognitivo-comportementaux
  7. le concept de mentalisation (Bateman et Fonagy)

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I/ Idée Générale

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En Thérapie interpersonnelle, l’idée est que le patient déprime parce qu’il ne trouve pas dans ses relations interpersonnelles un étayage suffisamment secure, au sens de la théorie de l’attachement, pour l’aider à surmonter les difficultés, qu’elles soient interpersonnelles ou non. Grâce à Sullivan et Meyer, on sait que les interactions sociales ont un retentissement important sur la thymie des patients déprimés.

D’après la théorie de l’attachement, soit le problème d’origine est interpersonnel (insécurisation de l’environnement primaire), soit il ne l’est pas, mais a des conséquences interpersonnelles (insécurisation de l’environnement secondaire). La TIP propose que la dépression apparaît du fait de cette incapacité à pallier le problème ou les conséquences interpersonnelles. L’idée est d’aider le patient à mobiliser ses ressources pour y faire face.

Pour cela, la thérapie interpersonnelle va aider le patient à recréer autour de lui des interactions sociales et des liens d’attachement secures. L’expérimentation vécue de ces liens va permettre un remodelage secondaires de ses cognitions sociales, favorisant ainsi ses capacités de mentalisation, mais surtout l’amélioration thymique du patient et la résolution de la dépression.

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II/Principe

Le but est d’aider le patient à (re)créer un environnement  sécure d’un point de vue attachementiste.

Le processus thérapeutique nécessite plusieurs étapes:

– identification du problème par le patient

– reconnaissance par le patient des conséquences sur les relations interpersonnelles.

– reconnaissance par le patient que certaines relations interpersonnelles pourraient l’aider à résoudre le problème causal.

– faculté à communiquer correctement dans le contenu, la forme et l’expression des émotions.

– comportement adapté de l’interlocuteur d’une façon adaptée, et securisante pour le patient.

Les travaux de Bowlby ( théorie de l’attachement), de Kiesler (communication), les modèles cognitifs de la dépression permettent de comprendre comment ce processus peut être mis en œuvre de façon thérapeutique pour les patients déprimés.

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III/ Attachement: de la théorie aux TIP

Comme nous l’avons vu, la théorie de l’attachement joue un rôle central dans la modélisation de l’efficacité des TIP.

Revenons sur son développement.

Origines historiques de la théorie de l’attachement.

L’une des grandes découvertes du 20ème siècle en psychologie est celle de la théorie de l’attachement.

L’idée centrale de cette théorie est que parmi nos grands besoins primaires nous permettant de grandir et de nous développer existe un besoin spécifique d’attachement.

Ce besoin a longtemps été sous évalué. L’idée, avant le développement de la théorie de l’attachement, était qu’un enfant n’avait besoin que de manger, boire, dormir, pour pouvoir se développer correctement. Une réponse aux besoins physiologiques primaires était suffisante dans cette conception. Plusieurs scientifiques ont pu bousculer cette vision, notamment avec les travaux d’entomologistes, dont Harlow est le plus célèbre.

Harlow a pu montrer sur des expériences réalisées sur de jeunes primates, que ceux-ci cherchaient à répondre en priorité au besoin d’attachement plutôt qu’au besoin alimentaire. La satisfaction de ce besoin d’attachement était nécessaire au bon développement psychique et physique du jeune primate, lui permettant à terme d’être suffisamment sécurisé pour pouvoir explorer son environnement.

Ces travaux ont ensuite été repris par plusieurs figures « psy », permettant de développer la théorie de l’attachement. Les deux figures majeures sont J. Bowlby et M. Ainsthworth.

Afficher l'image d'origineHarry Harlow et son expérience sur de jeunes primates

Les travaux de Bowlby …

Dans la théorie de Bowlby, les interactions précoces de l’enfant avec sa mère vont modeler une grande partie de sa vie relationnelle future.

L’enfant nait sans représentation de lui, des autres ou du monde. Les premières interactions avec la première figure d’attachement à savoir la mère, vont lui permettre de se construire des représentations du monde. L’interaction avec la mère est modélisée par Bowlby comme une séquence de comportement à la fois de signalement et de rapprochement : le bébé pleure pour signaler son mal-être, la mère se rapproche et le prend dans ses bras par exemple, ou le console, et le bébé s’agrippe à elle.

La répétition de ces séquences comportementales va permettre à l’enfant de se construire des modèles internes visant à anticiper ses relations avec le monde externe. Ces modèles sont appelés MIO ou modèles internes opérants par Bowlby, et sont à l’origine de la construction de notre style d’attachement.

Dans la conception de Bowlby, nous avons tous des manières différentes de nous lier aux autres. Le style d’attachement reflète notre mode préférentiel naturel d’interaction à l’autre. Celui-ci est fixé durant l’enfance et n’évoluera plus à l’âge adulte.

… et d’Ainsworth

Ainsthworth reprend les travaux de Bowlby et réalise une expérience visant à étudier et classer les différents styles d’attachement. Cette expérience est nommée « strange situation » et met de jeunes enfants dans une situation particulière où ils seront alternativement séparés de leur parent, mis en contact avec une personne étrangère, avant que le parent ne revienne. Ainsi, les séquences de séparation/retrouvaille sont étudiées.

Ainsworth au travers de cette expérience définit quatre grands styles d’attachement : le style d’attachement secure, les styles insecures (évitant, anxieux-ambivalent, désorganisé). Le style d’attachement secure serait un facteur de  protection relationnel et psychique, les styles insecures seraient au contraire facteur de mauvais pronostic : soit par une réticence à interagir avec l’autre (style évitant), soit par des investissements trop intenses et inadaptés (style anxieux-ambivalent), soit par une confusion et une inversion des rôles (style désorganisé).

Mary Ainsworth working with a childLa strange situation avec Mary Ainsworth (à droite)

Basé sur la théorie de l’attachement, en thérapie interpersonnelle, nous chercherons à re-créer des liens d’attachement sécure, quelque soit le style d’attachement, afin d’obtenir une amélioration clinique du patient.

Pour savoir comment la TIP utilise l’attachement, c’est ici!

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L’utilisation de ces modèles et de ces théories dans le cadre de la thérapie interpersonnelle est complexe et développée au cours de la formation.

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aftip creatip association française de thérapie interpersonnelle cercle de recherche et d’études

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